Mais que fait la « Polisse » ?

Mon avis sur : le film « Polisse » réalisé par Maiwenn Le Besco, en salle depuis le 19 octobre 2011

Mais que fait « la Polisse » ? Dans le long-métrage de Maiwenn « la polisse » prend en charge les mineurs usés, désabusés, abusés par des adultes qui le sont tout autant. Second film de l’ex Madame Besson, « Polisse » séduit par son engagement, son petit air de documentaire caméra à l’épaule qui flirte avec l’imperfection. Les auditions de pédophiles ou autres briseurs d’enfance font froid dans le cœur. Comment est-ce possible ? Cette interrogation s’impose à chaque plan. Sans concession, ni complaisance, la caméra sincère de Maiwenn  nous plonge dans l’horreur ordinaire de la brigade des mineurs.

Porté par des comédiens inspirés, Polisse révèle cependant deux interprétations : celles de Joey STAR et Marina FOIS. Le roi du rap provoc à la française convainc et émeut par sa force physique, son poing levé et son émotion jamais calculée. Il est tout simplement épatant en inspecteur révolté qui s’aide de sa gueule cassée pour nous coller un uppercut de vérité. Marina FOIS prouve une fois de plus l’étendue de sa virtuosité dans ce rôle d’inspectrice hystérico-anorexique qui transforme mal  l’essai du féminisme et punit son corps de la maternité.

Le seul bémol reste la présence de Maiwenn qui s’est inventée ce rôle de photographe-témoin pour prendre part à son long métrage. Son rôle manque d’épaisseur, frôle la faute de gout et empêche Polisse d’accéder à la classe d’un L627,  autre film  témoignage  sur la police réalisé en 1992 par Bertrand Tavernier.

Rien à dire, si ce n’est du bien, sur la bande-son très funky seventies qui apporte une touche salvatrice de fantaisie dans ce monde judiciaire où la lumière n’entre plus.

Polisse gagne cependant son pari : celui de bousculer nos consciences sans se prendre au sérieux, celui de lancer un cri d’alarme sur la souffrance endurée par ces gamins dont l’enfance est un sol bafoué sur lequel marcher leur sera impossible. 

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