« Viens on s’en va », un poème pour croire à un lundi au soleil…

 En ces temps de France dite « Forte » ou « Changeante », en ces temps où les petits rois sont les cyniques conseillers en communication, il m’a semblé important de partager avec vous ce poème que j’ai écrit en réaction à toutes les idées autant préfabriquées qu’indigestes. Alors oui, viens, on s’en va ….

VIENS

Viens, on s’en va
Eteindre tous les réveils
Qui déchirent les sommeils
Enlever les costumes gris
Des cadres de la City
Arrêter le cours de choses
Qui veut nous rendre moroses

Viens, on s’en va
Poser toutes les feuilles d’or
Des basiliques d’Europe
Sur les toits des Favelas
Faire pousser des orchidées
Sur les minarets de Bagdad

Viens, on s’en va
Regarder la tour de Pise
Et la Fontaine de Trevi
Jeter une pièce en métal
Pour voir sourire Anita

Viens, on s’en va
Poser des voiles et soieries
Sur des visages aigris
Couronner avec des fleurs
Ceux qui ont perdu leur coeur

Viens, on s’en va
Chanter des airs Jazzy
Dans les impasses de Kaboul
Lire des versets du Coran
Aux enfants de Manhattan

Viens, on s’en va
Vendre des babalaikas
Aux tchétchènes muselés
Et déposer des bouquets
Sur les parvis de Varsovie

Viens, on s’en va
Tout près des Dunes Flamandes
Quand le vent sec et glacé
Décoiffe les boucles de Margot

Viens, on s’en va
Il est temps de prendre le bus
De fermer tous les verrous
Boutonner son manteau noir
Et s’engouffrer dans la gare

Astrid MANFREDI le 20/02/2012

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