Mon salon du livre 2012 : c’est le pied…

MON SALON DU LIVRE 2012

Esplanade du 9 novembre 1989, Porte de Versailles.

Chaussée de trotteurs rouge cerise made in France  – suis-je en voie de Bayrouisation ? – hauteur de talons 5 cm, soit celle recommandée par ma podologue, j’arrive très exactement à 13h20 sur l’Esplanade du 9 novembre 1989, date emblématique de la chute du mur. Non, je ne suis pas en pèlerinage à Berlin (une fois suffira) mais Porte de Versailles pour le Salon du Livre, évènement incontournable de la République des livres. Munie d’un billet électronique, je  pénètre dans le sanctuaire des livres non pas oubliés mais honorés pour l’occasion. Mes souliers rouges donnent à mes pieds un supplément de courage pour arpenter les allées bruyantes.  Je me sens si loin du calme de ma librairie, dont j’imagine la propriétaire confortablement installée dans son fauteuil bouquinant le dernier Ellory. Quelle veinarde. 

Salon du livre 2012. Porte de Versailles.

Salon du livre 2012

Ah le salon du livre : à la fois aimé, haï, bref autant de sentiments contrastés qui lui confèrent encore en 2012 une aura sulfureuse. Quoi qu’en pensent  ses détracteurs y déambuler me semble une saine activité tant intellectuelle que physique. Vous y musclez non seulement vos petits petons mais aussi votre cervelle. Mes yeux affolés ne savent plus à quels livres se vouer, tant ils sont nombreux appelant de leurs vœux tous les passionnés de littérature. Le rouge de Gallimard surplombe les allées veillant jalousement sur l’exception culturelle française, qui partageuse  met cette année à l’honneur les auteurs nippons. Au-delà d’être des amateurs de jardins zen et de cérémonies du thé, les auteurs japonais aimeraient un peu sortir de leurs costumes de geishas ou samouraïs et on les encourage. Mes pieds volontaires, toujours en quête de nouveauté, font une halte auprès de  revigorants éditeurs numériques, qui loin de savonner la planche à Gutenberg permettent à des auteurs d’exister, et ce sans l’approbation du sérail des prestigieuses maisons d’édition si difficiles à approcher. Armée de mes cartes de visite, je leur fais part de mon activité de chroniqueuse en chef sur «Laisse parler les filles» et leur accueil bienveillant mérite d’être souligné.

Je remercie tout particulièrement BookeenEdiLivre pour leur écoute. Autre échange très sympathique avec le créateur de Bookstory, qui a délaissé le temps du salon du livre Massilia pour Paris. Pour les lecteurs et lectrices de bon gout intéressés, ce fringant jeune homme auto-entrepreneur cherche à former un comité de lecture sérieux afin de dénicher des talents. On ne peut que louer une telle initiative. Une autre mention aux gonflées « Editions Inculte », qui soignent leurs jaquettes avec des mises en page aussi graphiques que trendy et accueillent leur lecteurs avec savoir-vivre. J’ai choisi deux livres à chroniquer tout bientôt ; quant au troisième, un polar, il me fut gentiment offert. Je sens que je vais me régaler et que le printemps littéraire sera impertinent.

Dernière escale auprès de Marie-Laurence de Rochefort, attachée de presse-chroniqueuse TV de formation, qui a le courage et le culot de se lancer dans l’aventure de l’auto-édition. Son roman « Yes you cannes –  Amour, paillettes et tapis rouges », aux connotations très girly, donne envie de découvrir  l’envers du décor du festival de cannes et ses légendaires crêpages de chignon. Il est  parfois salutaire d’accorder une trêve légère à ses neurones.

17H00, mes pieds sont définitivement au bout du rouleau et réclament une pause ainsi que mon gosier saturé d’air conditionné. Un coca light à la cafétaria fera l’affaire. Le bouillon de culture s’active tandis que les conférences battent leur plein tentant de nous expliquer les mystères de l’écriture. Les allées sont squattées de bouquineurs assis, réunis autour d’une même passion : lire à en perdre la vue. Mon coca terminé, je jette un dernier coup d’œil attendri à tous ces éditeurs grands ou petits qui font encore la littérature.

L’édition 2012 du Salon du Livre touche à sa fin. De belles lectures et chroniques sont au rendez-vous et je prends le risque de me répéter en vous écrivant à nouveau que si la littérature existe c’est bien parce que la vie ne suffit pas.

Par : Astrid MANFREDI votre dévouée chroniqueuse, le 19/03/2012



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