Ma chronique sur le film : « Cloclo » for ever young…

« CLOCLO » Un film réalisé par Florent Emilio SIRI en salle depuis le 14 mars 2012

« J’ai eu moi aussi dix-sept ans
Le monde n’était pas différent
,
Certains n’avaient rien à gagner,
Des places leur étaient réservées
L’été ils avaient la villa
L’auto que leur prêtait papa
Leur mère leur donnait plein d’argent
Certains ont tout à dix-sept ans… »

La la la la, voilà comment le film commence. « CLOCLO », l’idole mal aimée devenue le trop aimé des trente glorieuses. Celui dont on entendait la voix durant les communions, les mariages, les ruptures. Celui qui fit guincher la France d’en bas tandis que la France intello trotskiste se pâmait toujours pour un fragment d’Hiroshima sans amour. On a tous en nous quelque chose de CLOCLO, une senteur de Magnolia entêtante qui ne veut pas se faire la malle. Et c’est bien là la raison de ce biopic magistral : faire de CLOCLO notre madeleine de Proust, celle que l’on déguste en cachette une fois le pince-fesses en ville terminé.

Merci Monsieur le réalisateur – Florent Emilio SIRI – pour ce  grand moment de cinéma. Au-delà du portrait d’un chanteur populaire, CLOCLO est un sacré bon film qui serre notre petit cœur rendu trop souvent aride. Pas d’intellectualisme pédant dans ce film – ce n’eut pas été rendre grâce à celui qui disait chanter pour les pauvres – mais un hommage frémissant à cet homme survolté qui fut l’une des dernières grandes stars de la chanson française. Une star aussi flamboyante qu’ombrageuse, torturée par ses contradictions et malédictions. Tour à tour tyrannique, maniaque, paranoïaque puis enfin généreux et solaire comme savent l’être les orientaux. Bipolaire de génie, CLOCLO est l’illustration exemplaire d’une résilience réussie. D’une enfance piétinée puis désertée par le soleil, il a su faire éclore un champ de magnolias. Et quel champ. Un champ parsemé de paillettes, de vitamines C, de filles sexy en micro shorts, de Tamla Motown revisitée et de disco sous LSD qui n’a pas pris une ride.

Pour interpréter CLOCLO, Jeremy Renier s’est glissé avec aisance dans le costume à paillettes du maitre des Dance Floors. Il sait autant jouer de sa candeur que de son énergie pour mettre en lumière un CLOCLO tellement vraisemblable qu’il en devient troublant. Chapeau l’artiste pour cette interprétation simple et poignante qui évite l’écueil de la performance à oscars. Pour l’accompagner dans cette chorégraphie 100% peps, Jeremy Renier est entouré d’un casting irréprochable avec une spéciale dédicace à la comédienne – Monica Scattini – qui interprète sa mère, désarmante de justesse en mama italienne nostalgique du phare d’Alexandrie.

CLOCLO adulait Frank Sinatra « dit the Voice » et le petit garçon incompris réalisa son rêve. Comme d’habitude devint My Way. Tube mythique à jamais inscrit dans la mémoire collective. CLOCLO est un grand film populaire sur un grand chanteur populaire au sens noble du terme, car comme disait Maria Callas qui en connaissait un rayon en matière de chant : « Il vaut mieux être un bon chanteur populaire qu’un mauvais chanteur d’opéra. »

Alors, pas de snobisme, ne boudez pas votre plaisir : sortez votre madeleine du Proust du placard, revêtez vos chemises cols pelle-à-tarte et vos chaussures à talonnettes, il est temps de festoyer avec Barracuda. BA-RRA-CU-DA.

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