Tourisme électoral dans notre douce France : les conseils du Routard…

Billet d’humeur satirique…
TOURISME ELECTORAL DANS NOTRE DOUCE FRANCE…

A société morose, boulot morose. Débutante au Guide du Routard, on m’envoie en campagne. Ma mission, sillonner sans potion magique les villages hantés de vieillards et de bobos en mal de chlorophylle. Sur mon carnet de route : dix villages aussi peu exotiques qu’une bigoudène se roulant un joint.

Le premier : village SARKO  est  situé à la droite de nulle part dans une contrée peuplée de perruches aphones sur des arbres à Rolex. Le maire, Monsieur Bolloré, ne peut m’accorder que dix minutes d’interview, trop occupé au vrai travail ou plutôt à faire voguer sur les eaux de son lac artificiel des navires de guerre première classe.  Une destination jet set réservée à une clientèle « plusieurs domiciles fixes ». Tenue correcte exigée, sous peine d’expulsion.

Le second baptisé village Hollande, en souvenir d’une fille de joie brutalement décédée sur un champ de tulipes, ne me dit rien qu’y vaille. A proximité d’une Corrèze à l’encéphalogramme plat et à la gauche d’un Cap Ferré dormant sous des bicoques désignées par Stark, le village Hollande et son maire, Monsieur Changement, ont depuis peu ouvert un zoo de 60 000 enseignants. La geôlière, une certaine Ségolène, est en charge des visites. Pensez à venir tôt le matin si vous voulez assister aux ablutions des éléphants. Fous rires garantis.

Le troisième village se vautre en Bretagne, terre humide balayée par des vents hostiles. Le village Le Pen est en pleine expansion, on y joue aux sept familles et mieux vaut demander la fille affublée d’un prénom de sirène. Sa grande trouvaille : rétablir l’écu en guise de monnaie. Une destination venteuse contre-indiquée aux marins d’eau douce à voile et à vapeur. Le  plus du routard : pour boire la tasse et toucher le fond de la piscine, n’oubliez pas votre pull marine. Un diner en fanfare face au front de mer vous sera offert.

Le 4ème village Melanchon, à l’extrême gauche de Périgueux, m’a jeté dehors, on ne souhaite  plus la visite du Routard. Monsieur Faucille, le gérant du Kolkhoze, a pris la tête d’une communauté d’anciens journalistes de Libération, devenus fous à force de ne plus rien libérer.

Les autres villages, plus paisibles et surtout peu habités, sont sans intérêts touristiques. Pour les amateurs de camping sauvage, seuls les villages, Poutou et Artaud, méritent le détour. Panorama d’exception sur des mares aux canards révolutionnaires.

En désespoir de cause, mes pérégrinations bucoliques s’enracinent  en terre du centre. J’ai toujours aimé le milieu : milieu de moi-même, milieu de la pègre, milieu de la terre, milieu du vide. Le village BAYROU m’offre donc  toutes les possibilités d’émerveillement qu’offre le néant. Mon papier sentira bon le crottin de cheval, le crucifix dans le salon et la droite austérité de ceux qui ont sauvé leur âme.

Astrid MANFREDI, le 27/04/2012. Merci à Joelle, Matthieu et Eric pour leurs précieux conseils …Libre à celles et ceux qui le souhaitent d’enrichir le propos et n’oubliez pas de voter nombreux 🙂 …

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