Le Bon Marché fête ses 160 ans pour le bonheur des dames

Le Bon Marché fête ses 160 ans pour le bonheur des dames

Illustration Bon Marché 160 ans d’esprit Rive Gauche, Marjane Satrapi

Rue de Sèvres, Rue de Babylone, Rue du Bac. Rive Gauche. Paris. Une quintessence parfumée, une idée de l’élégance, une moue insolente, des jambes nues, du vernis rouge, des escarpins Roger Vivier, un Lady Dior peut-être un peu usé. Une façon de rire en se moquant de tout, de soi, une façon de boire un verre de vin sans affectation, de lire et relire sur un banc en zyeutant la vie qui s’arrête au feu rouge. L’esprit Rive Gauche. Les intellectuels d’un autre temps, les librairies hors du temps, La Greco aux cheveux noirs, des filles trop jeunes tout contre des hommes trop âgés s’ennuient au Bar du Lutetia. Le bon marché fête ses 160 ans d’esprit Rive Gauche et propose une flânerie aux côtés de Mademoiselle Deneuve. Bourgeoise givrée tendance Gena Rowlands, cheveux blonds entretenus, sac précieux, sourire au bord des yeux, Mademoiselle Deneuve démontre avec espièglerie qu’elle est toujours cette femme chic qui tomba sans se blesser dans les bras de Marcello. Illustrée pour l’occasion par la talentueuse et inspirée Marjane Satrapi, la comédienne iconique rend hommage au  grand magasin et chavire sur ses escarpins. Paré de noir et de blanc, le Bon Marché se pâme dans le bon goût, revisite avec  le juste dosage de bonnes manières et de culot le dandysme à la parisienne.

160 ans d’esprit Rive Gauche Le Bon Marché. Illustration Marjane Satrapi.

Au second étage, bien au chaud entre la librairie et la mercerie, un espace feutré est consacré à la Success Story de ce temple  du commerce qui inspira à Emile Zola le roman « Au bonheur des dames ». Aristide et Marguerite Boucicaut, nés sans le sou, firent du bon marché non seulement un modèle de réussite commerciale envié outre-atlantique mais eurent aussi  le bon gout de ne jamais s’exiler préférant consacrer leur fortune aux bonnes œuvres et au bien-être de celles et ceux qui pendant tant d’années servirent à leur côté. Surnommés « Les patrons rouges », les Boucicaut appartiennent à la caste des seigneurs. Ceux d’avant.

Une très belle exposition à s’autoriser en ce début d’automne, de préférence en fin de journée, afin de profiter du soleil déclinant sur la Rue du Bac et d’humer un peu de cet esprit dont on espère qu’il ne soit pas qu’un concept publicitaire, mais encore une façon de vivre, de celle chère aux flâneurs de la Rive Gauche.

Astrid MANFREDI, le 20/09/2012

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