Paris 19 avril 2012 : au Palais de Tokyo tous les cerisiers sont en fleurs

PALAIS DE TOKYO 19 avril 2012 : tous les cerisiers sont en fleurs

Les cerisiers sont en fleurs

Est-il nécessaire d’être un expert de l’art contemporain pour s’y confronter ?

Batoul S'himi "Le monde sous pression"

 Les 22 000 m2 du nouveau PALAIS DE TOKYO serpentent jusqu’à la Seine et invitent le profane, le pieux, le flâneur, le touriste en décathlon, la vamp gothique, la lolita intello ou encore les ex fans de Robert Smith à un vivifiant revival BAUHAUS à deux pas d’une Tour Eiffel plus lumineuse et fière que jamais.

Artiste à nommer ?

Alors que bon nombre de grincheux se plaignent de l’inaccessibilité de la culture et plus largement de l’art contemporain, le  nouveau PALAIS DE TOKYO conviait le 19 avril 2012 toutes celles et ceux qui le souhaitaient à une expédition aussi gratuite qu’enchanteresse dans ses dédales bétonnés, colorés, poétiques ou glacés, bousculant toutes nos certitudes quant au beau.

Si vous en avez votre claque des Degas et Matisse pétrifiés dans leurs panthéons, n’hésitez pas à pousser la porte de ce lieu qui  grâce à son exposition « Triennale 2012, intense proximité » réinvente tous les codes de l’art et de l’ethnographie. Cette exposition, encore suintante de l’humidité des lieux, mélange avec bon ou mauvais goût les tentatives artistiques de réinterprétation du monde. Monde sous pression, monde violent, monde nomade, monde en pulsation où fleurissent l’injustice, la tentation, la marchandisation des corps et des esprits mais aussi une nouvelle idée de la beauté comme ultime recours à notre noyade existentielle.

Chris Ofili le magnifique

« Intense proximité »n’est pas une exposition prétentieuse mais une invitation à repenser les valeurs humaines. Chacun pourra y trouver son compte, commenter le laid, commenter le dérangeant et le sensuel et discuter à l’infini sur ce qui motive l’artiste. Les audaces de l’art contemporain apparaissent plus que jamais nécessaires dans cette société du consensus corsetant notre sauvagerie et nous contraignant à marcher bien plus droit que nous en sommes capables.

Ewa Partum "Femme nue 1980"

Alors désarticulez-vous, dénudez-vous, oubliez le sens, désapprenez et embarquez dans ce grand paquebot japonisant pour une croisière hallucinogène au pays de Lewis Carroll. Vous en ressortirez autre, convaincu que l’Homme n’a pas dit son dernier mot.

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