Lecture de Dan Fante au « Marcovaldo » le samedi 27 octobre 2012 : « De l’alcool dur et du génie » et ça fait du bien…

Lecture et conversation avec Dan Fante au Marcovaldo le samedi 27/10/2012

« Les longs palmiers qui taillent la route
Le long de Bundy Drive
se balancent dans le vent tiède de la nuit
comme de maigres putes en ligne
qui saluent de la tête
le flot des voitures
et soufflent des baisers vers Santa Monica… »
Dan Fante – Extrait du poème « L.A » tiré du recueil « De l’alcool dur et du génie » paru chez 13E Note Edition

Flyer lecture et conversation « Dan Fante »

Samedi 27 octobre 2012, non je n’oublierai pas ce samedi là. A la loterie je n’ai rien gagné, mes cheveux sont toujours courts et  mon frigo se meurt d’ennui. Et pourtant, et pourtant oui, ce samedi fut autre.

Paris, 18h30, Librairie-bar le « Marcovaldo » rue Charlot, Dan Fante , fils de John Fante, Dan Fante avec son blue jeans délavé, sa veste noire et son sourire a lu pour le plus grand bonheur d’une assistance franco-américano-italienne toute acquise à sa cause quelques-uns de ses poèmes et autres textes publiés par 13E NOTE EDITION. La classe non ? Un peu de Little Italy pour réchauffer ce début d’hiver trop précoce. Je ne fus pas pas déçue et Le fils d’Arturo Bandini respecta à la virgule près son héritage littéraire, celui d’une route de Los Angeles faite de déboires et de palmiers calcinés, une route arpentée par une fille brune aux chevilles fines. Assis sur un tabouret, entouré de musiciens et comédiens transalpins, Dan Fante nous a livré dans sa si belle tchatche de la rue son cœur pur et ses mots aussi rageurs que précis furent repris en italien avec conviction par les comédiens présents. Merci Dan pour tes rimes en creux dans mes nuits noires. Merci de consteller de ta voix brisée un peu de cette poésie perdue. Pas de tricheries avec toi, pas de sourires mièvres, simplement ton regard mélancolique et malicieux. Qu’est ce qu’avoir encore un cœur pur ? Peut-être se poser sur un tabouret dans une librairie, à Paris, rue Charlot, et laisser les larmes couler.  «Dieu sait que nous n’avons jamais à rougir de nos larmes, car elles sont comme une pluie sur la poussière aveuglante de la terre qui recouvre nos coeurs endurcis» écrivait Dickens. Alors, Dan, non, tu n’as pas à rougir.

Moment soutenu, moment vrai, le Slam de la vie. « Les vrais héros dorment seuls et n’écoutent que le battement de leur cœur… » écris-tu. J’ai envie de te donner raison. Longtemps.

21h00, le « Marcovaldo » se vide, reste entre mes mains ton recueil de poèmes ‘De l’alcool dur et du génie » et cette dédicace, si tendre «  For a girl in Paris, you have beautiful eyes ». Merci.

Astrid MANFREDI, le 28/10/2012

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