« La nuit ne dure pas pas » de Olivier Martinelli : un roman rock’n’roll âpre dans le sillage de John Fante

« La nuit ne dure pas. Le soleil rouge rose détruit tout chaque fois » Daniel Darc

« La nuit ne dure pas » est plus qu’un roman, « La nuit ne dure pas » est le début d’une chanson. De celles qui adhérent encore à la semelle de vos converses d’ados. De celles, entêtantes, qui distillent leurs mélodies affamées. « La nuit ne dure pas » est un roman affamé. Affamé de rock and roll –  la musique qui ne mourra jamais – affamé d’inspiration, de baisers volés dans la nuit noire alors que tous les chats sont gris. « La nuit ne dure pas » est un long riff de guitare envoyé à John Fante, l’inspirateur, celui qui donne envie d’enterrer six pieds sous terre Stendhal et ses congénères, celui qu’on n’étudie pas à l’école du classicisme de bon aloi. « La nuit ne dure pas », c’est l’histoire de trois frangins, le rock chevillé à l’épiderme, trois frangins âpres et mélancoliques, qui boivent, souffrent, baisent la musique. Ils connaissent leurs classiques les trois frangins. Ils sont tous là :  The Jesus and Mary Chain, The Specials, les Tindersticks, le Velvet et les autres. Ils s’enfilent des bières, cherchent l’inspiration, manquent de passer sous les rails de leurs jeunes vies, se droguent. Un peu, beaucoup, à la folie. Puis, il y a les filles, celles qui ont la peau douce, le regard fiévreux, la mèche brune et insoumise. Les filles qui font souffrir et celles qu’on jette par dépit, parce que la bonne, l’irremplaçable n’est plus là. Enfin, surtout,  il y a le groupe. Les kid Bombardos, en hommage à l’arrière-grand-père, le teigneux, le roi du ring, celui qui irrigue l’hémoglobine de ces trois gamins plus dans le tempête que dans le vent. La vie quoi.

Avec ce roman aigu paru chez 13ème Note Editions, l’éditeur de Dan Fante, Olivier Martinelli démontre avec rage et émotion que sa plume sait pleurer sous la pluie. Olivier Martinelli écrit « parce qu’il n’a pas le choix »  et dans ses mots palpitent un peu de cette sève chère à Arturo Bandini. Alors, si vous aimez le rock, celui qui fit écrire à Kundera  dans les testaments trahis « La musique rock n’est pas sentimentale, elle est extatique, elle est la prolongation d’un seul moment d’extase », si vous aimez Bukowski , Fante et tous ceux qui hantent le Sud de nulle part, si vous aussi un soir entre chiens et loups vous avez hurlé aux étoiles, alors oui ce livre est fait pour vous.

Astrid MANFREDI, le 12/08/2012

Informations pratiques:
Auteur : Olivier Martinelli
Editeur : 13E Note Editions
Nombre de pages : 266
Prix France : 19 euros TTC

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