février 21

Un jour …, une auteure … : Emily Dickinson

Emily-dickinson

Emily Dickinson, poétesse américaine née en 1830 et décédée en 1886, dont les rimes les plus exaltées furent écrites lors de sa réclusion volontaire. Une réclusion durant laquelle elle choisit de couver sa mélancolie et de poser sur le papier son âme insolite assaillie par l’extase amoureuse et la quête de la beauté. Brûlant d’une foi écarlate, cette emmurée sut côtoyer « les figures de l’invisible » et à la lire il est certain que celle qui écrivit : « Si je puis empêcher un cœur de se briser, je n’aurai pas vécu en vain », a laissé une oeuvre indispensable tant dans son fond que dans sa forme, faite de verts courts, souvent sans titres, qui utilisent fréquemment des rimes imparfaites ou des majuscules ainsi qu’ une ponctuation non conventionnelle.

Mais qu’importe ces étrangetés, car affleure au creux de ses mots une incandescence jamais feinte qui bouleverse autant qu’elle captive.

« On apprend l’eau – par la soif
La terre – par les mers qu’on passe
L’exaltation – par l’angoisse –
La paix – en comptant ses batailles –
L’amour – par une image qu’on garde
Et les oiseaux – par la neige »
Traduction Guy Jean Forgue

« J’étais morte pour la Beauté – mais à peine
M’avait-on couchée dans la Tombe
Qu’un Autre – mort pour la Vérité
Etait déposé dans la Chambre d’à côté –
Tout bas il m’a demandé « Pourquoi es-tu morte ? »
« Pour la Beauté », ai-je répliqué
« Et moi – pour la Vérité – C’est Pareil –
Nous sommes frère et sœur », a-t-Il ajouté –
Alors, comme Parents qui se retrouvent la Nuit –
Nous avons bavardé d’une Chambre à l’autre –
Puis la Mousse a gagné nos lèvres –
Et recouvert – nos noms – »
Emily Dickinson, 1992, Escarmouches, Orphée-La Différence

« Ignorant quand l’aube viendra,
J’ouvre toutes les portes. »

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